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REFLEXIONS SUR LA NOTION DE SOLIDARITE

L’enfer peut être pavé de "bonnes intentions"

jeudi 16 janvier 2014

Le PS et dans une autre mesure la CFDT (à moins que ce ne soit l’inverse !) tiennent un discours qui paraît très "gauche" : les "riches" profitent plus que les "pauvres" du quotient familial. Ce qui dénote une incompréhension (volontaire) de l’équité horizontale. Supprimons le quotient familial et remplaçons le par un avoir fiscal identique par enfant pour chaque foyer fiscal (en fait, c’est plus compliqué car la CFDT est favorable à la suppression du quotient conjugal) Le CFDT, radine, fixe cet avoir fiscal à 607 euros par enfant (et par an) ; le PS, lui, propose de le fixer autour de 700 euros. Soit une aide d’environ 50 à 60 euros par mois et par enfant. J’ai calculé - grossièrement - l’impact de cette mesure pour les familles nombreuses et très nombreuses. Elle se traduirait par une augmentation parfois considérable de la pression fiscale pour les parents de familles de 5 enfants et plus qui gagnent à eux deux plus de 2 fois le SMIC (et ce serait pire si on supprime le quotient conjugal et qu’ une de personnes du couple ne travaille pas). Mais cela n’aurait, par définition, AUCUNE incidence pour les "riches" n’ayant pas d’enfant. Une mesure beaucoup plus juste serait d’augmenter l’imposition de tous mais - là - tabou.

Dans le même temps, des élus PS souhaitaient supprimer les allocs pour les plus "riches". Le gouvernement n’est pas allé aussi loin mais a décidé de les diviser par deux pour les plus "riches". Moyennant quoi, pour ceux-ci, les allocs deviennent une aumône.

L’idée s’instaure donc que les allocs c’est pour les pauvres.

D’autant que, dans le même temps, le montant des allocations universelles a considérablement baissé en valeur relative. Faire des enfants pour toucher les allocs relève désormais du mythe. Par contre, sont apparues de plus en plus d’aides conditionnées aux ressources ou à la situation familiale. La parte de ce qui est universel diminue au profit de ce qui est assistanat (dans un sens non péjoratif). Je pense que c’est ce que Martine Aubry met sous le vocable de "care".

Nombreux inconvénients de cette évolution et de ces propositions

- La notion d’allocation universelle tend à disparaître

- Si on suit les idées PS, l’aide aux familles sera de plus en plus fiscalisée et reposera de moins en moins sur les cotisations patronales et salariales

- Les classes moyennes et "riches" vont se rendre rapidement compte qu’elles n’auront que des miettes de la politique familiale voire que leurs enfants seront pour eux une charge croissante. Bien sûr, les assurances vont se jeter sur le marché pour faire des profits.

- Pourquoi ne pas continuer et ne rembourser qu’une partie des dépenses de santé au-dessus d’un certain revenu ??? je pense que l’idée va bientôt apparaître.

- Les aides ciblées ont 3 inconvénients majeurs : ce ne sont pas toujours les plus nécessiteux qui en profitent (il faut les demander) ; néanmoins, le cumul des aides fait qu’à revenu égal, il vaut mieux, quand on est "pauvre", avoir des enfants que ne pas en avoir (et inversement pour les "riches") ; cela alimente les fraudes (en particulier l’aide données aux mères isolées qui sont loin de l’être)

Il faut donc se battre pour proclamer que la sécu est un droit universel et non une aumône. Fiscalisée ou liée aux salaires, peu importe à mon avis. Par contre, il ne faut pas avoir peur de dire que l’on paie moins d’impôts qu’il y a 30 ans et que, donc, il faut les augmenter en les rendant encore plus progressifs.

Gérard

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