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Les prédateurs du béton Enquête sur la multinationale Vinci

mercredi 5 février 2014

Les prédateurs du béton
Enquête sur la multinationale Vinci
Nicolas de la Casinière
Editions Libertalia, 2013.

Vinci est ici, Vinci est partout. Impossible de rouler vers les vacances sans payer son écot : 4 363 km d’autoroutes. Un million quatre cent mille places de stationnement payant dans le monde, en France, à Prague, dans le Connecticut, à Berlin, à Madrid,… Le groupe rassemble quelque 2 500 filiales (dont l’importante Véolia), dans les travaux publics, le béton des ponts et le sarcophage de Tchernobyl.
Dernière opération de rachat spectaculaire : les aéroports portugais, raflés en profitant de l’obligation faite au gouvernement de réduire sa dette. Cette prédation libéralement justifiée, n’exclut pas le mécénat de prestige : la rénovation de la galerie des Glaces à Versailles est à mettre au compte de l’investissement pour l’image de marque…

En janvier 2006, Antoine Zacharias (67 ans) désigne son successeur Xavier Huillard. A la fin de son règne Zacharias reçoit un « salaire » de 4,2 millions par an. Sans compter les « stocks options » de 173 millions. Retraite garantie : 2, 1 millions d’euros par an, agrémentée d’une prime de départ de 12, 8 millions.
Je cite, ou paraphrase les 30 premières pages du livre de N. de la Casinière pour inciter au parcours en son entier. L’argumentaire est construit, la documentation crédible, référencée. Continuons cette rapide mise en appétit.
Les portugais à 610 euros mensuels
Pour 40 h par semaine, 610 euros mensuels, c’est la paie d’un ouvrier ferrailleur sur un chantier Vinci. Mais, décontracté, le nouveau Pdg, Xavier Huillard affirme et réfute : « Ce n’est pas le groupe lui-même, mais le fait d’une agence d’intérim portugaise… » Le ferrailleur portugais s’ajoutera-t-il au plombier polonais ? C’est la liberté du travail dans l’Europe libérale… Pourtant les rapports annuels de Vinci regorgent de grandes envolées sur la RSE, Responsabilité sociale de l’Entreprise.

Quand on a le béton et bitume comme premier métier, il est difficile de passer pour écolo. A Moscou, l’autoroute est en bonne voie malgré une opposition locale conséquente.
A Notre-Dame-des-Landes, Vinci arrose chercheurs et universitaires en finançant des études sur le bocage où est prévu l’aéroport. En janvier 2011, Vinci a versé 250 000 euros au budget de « la fondation des projets. » Une autre « recherche » sur le développement durable ( ?!) : « ville et création durable » devra se contenter de 100 000 euros, sur 4 ans. Le bâtiment de l’aérogare à toit végétalisé est promis comme « Haute Qualité Environnementale » (HQE). Le bois est mis en avant pour le futur centre commercial. Les documents de concession de Vinci prévoient une « ferme de démonstration », a visiter rapidement entre deux avions, par la « jet set » ébahie… Les vrais agriculteurs remplacés par des figurants et comédiens. C’est Disneyland à Nantes ?
Pour le projet d’aéroport à N-D-D Vinci a bénéficié d’un PPP (Partenariat Public Privé) hybride : la transnationale ne fournit pas la mise de fond, les collectivités, fait sans précédent, assument 42 % du coût officiel. En phase d’exploitation, les dividendes des actionnaires sont estimés à 11 millions d’euros.

Conclusion prévisible de l’auteur : « La participation active de Vinci à de grands projets inutiles [bien que très profitables], voire néfastes et destructeurs, en font comme un danger public.

Alain VERONESE (Alter Paris Sud)

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