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Les intermittents, pas contents : Gaffe : ça sent le Gattaz !

vendredi 7 mars 2014

Affluence à l’Olympia, ce mercredi 5 mars. Ce n’est pas un spectacle, mais la convergence de ceux qui les conçoivent, les fabriquent et les présentent : les intermittents. Impressions de séance.

Le MEDEF a fait un rêve : retrouver la pureté du marché, la spontanéité de l’équilibre « naturel ». Les « charges sociales » (salaire socialisé, ou différé) les horripilent, l’indemnisation de toutes les formes de chômage sont contre productives : la capacité de négociation des salariés pèsent sur les coûts de production, ce qui nuit à la compétitivité. Un bon chômeur est un chômeur affamé…

Transcription libre de propos syndicaux entendus à L’Olympia et précédemment au Théâtre du Rond Point, le 17 février, la répétition est fort nécessaire.

La négociation sur le régime général de l’Unédic doit se terminer le 13 mars. Le MEDEF dirigé par le Gattaz nouveau entend masquer son idéologie sous un habillage mathématisé. La durée (et, de fait le montant global) des « allocations pour recherche d’emploi » serait indexée sur le taux de chômage : une durée (in)certaine pour un taux de 10% et écourtée si le taux de chômage descend sous les 10%. Logique : en cherchant très fort l’allocataire doit trouver du boulot quand décroit le nombre de quémandeurs… (1).

Quand on lui parle de culture le Medef sort son gestionnaire

A en croire la comptabilité spécieuse des gestionnaires de la cour des comptes le (trop) généreux régime spécial des intermittents, les annexes 8 et 10, artistes et techniciens plomberait l’Unédic d’un quart de son déficit annuel de 4 milliards (18 mds cumulés). Faux affirme les syndicats et le Cip-Idf, en toutes hypothèses, par rapport au régime général, où le Médef espère les faire chuter la différence n’est que de 320 millions. (2)

Si la discontinuité de l’emploi est consubstantielle aux activités artistiques (et nombre de profession dans la culture), cette intermittence touche et fragilise aujourd’hui nombre de professions. Le statut relativement sécurisant des intermittents porte les prémices d’une revendication dangereusement généralisable.

« Pourquoi le Médef nous attaque ? Pour une raison simple : c’est que dans les
années 60, dans une période de plein emploi, nous étions seuls à avoir des contrats courts. On a répondu pas un régime spécifique ; ça n’a rien à voir avec l’exception culturelle de ces pratiques d’emplois. Maintenant, ces pratiques sont devenues la norme. Le patronat réclame de la flexibilité, il y a des contrats courts partout. Et le MEDEF a très peur que nous servions de modèle aux autres précaires. » Samuel Churin, sur LCI, le 27 février 2014.

Pour indice de la justesse de l’intuition : l’annexe 4, celle qui « bénéfice » aux intérimaires est également attaqués par le patronat. L’intérim, c’est 16 millions de missions par an dont 80% sont inférieures à 15 jours.

Bien en deçà de la défense nécessaire du statut des intermittent, « faisons échec au saccage des droits sociaux ! » CGT Spectacle.

Alain Véronèse. Alternatifs Paris Sud

5 mars 2014.

Notes.

1 – Pour saisir les subtilités des générosités patronales se référer à la presse dédiée : Le Figaro n’est pas mal, on peut préférer Les Echos.

2 – Le Cip-idf, fait valoir que le ticket d’entrée (les 507 h) ne bénéficie qu’à la moitié des inscrits, que la durée d’indemnisation est sensiblement plus courte que pour un salarié hors annexes 8 et 10. Le site CGT spectacle contient également d’utiles compléments chiffrés.

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