Accueil > Alternatifs > Communiqués > NON AU PACTE DE RESPONSABILITE

NON AU PACTE DE RESPONSABILITE

samedi 8 mars 2014

Hollande et Ayrault peuvent s’en réjouir : le Pacte de Responsabilité souhaité par eux a été validé par la CFDT, CFTC et CGC avec le MEDEF et ses satellites patronaux. Les entreprises qui actuellement « reçoivent plus de 172 milliards d’aides publiques sous la forme d’allègements ou d’exonérations fiscales et sociales, sans aucune conditionnalité ni évaluation de l’efficacité de ces aides en matière d’emploi et d’investissements et sans contrôle », comme le souligne justement l’intersyndicale nationale CGT, FO, FSU et Solidaires, verront cette manne grossir de 35 milliards supplémentaires de cadeaux fiscaux. Le MEDEF pouvait légitimement se déclarer satisfait, provisoirement, car la voracité du capital est sans limite et qu’ il ne tardera pas à exiger de nouvelles « simplifications » et « baisses des charges ».

Il est évidemment plus tragique de constater qu’une fois de plus, la direction de la CFDT, accompagnée par CGC et CFTC, a validé un nouveau marché de dupes sur le dos des salarié-e-s, des retraité-e-s et des services publics.

Il est donc particulièrement important que CGT, FO, FSU et Solidaires appellent les salarié-e-s, chômeurs-ses et retraité-e-s à refuser de rester enfermés dans « une logique inacceptable d’austérité » en faisant du 18 mars prochain une journée « d’actions interprofessionnelles de manifestations, rassemblements et grève ». Mais pour réussir cette mobilisation, il faut s’en donner les moyens. Et se retrousser les manches. Car, face au matraquage médiatique unilatéral, le risque est grand que l’attentisme prenne le pas sur la volonté d’en découdre et que la mobilisation syndicale reste limitée. C’est à l’évidence le pari commun que font le gouvernement et les signataires.

Relayer l’appel national dans chacune des entreprises, des branches professionnelles, des villes et mener une campagne massive d’explication sur la réalité et les conséquences du pacte de responsabilité sont les clés de la mobilisation. A chacun-e de nous d’y contribuer.

Les Alternatifs

Ensemble ! : « la mise en musique du chantage patronal et du renoncement gouvernemental »

« Comme le Medef n’a cessé de l’exiger, le Pacte de responsabilité » ne prévoit aucune contrepartie chiffrée en terme de création d’emplois en échange des 30 milliards de cadeaux fiscaux. Tout est renvoyé aux négociations dans les 750 branches. Il suffira d’un relevé de conclusions mais sans obligation de résultats. Et rien ne sera fait par le patronat concernant l’emploi tant que la baisse des charges ne sera pas effective. Plus question du million d’emplois annoncé par P. Gattaz à la fin de l’année 2013 : en le Medef s’est félicité à l’issue de la réunion du 5 mars.
Le pacte de responsabilité c’est la mise en musique du chantage patronal et du renoncement gouvernemental. Dans le même temps, le gouvernement s’est engagé à supprimer 50 milliards de dépenses publiques au détriment des services publics, de la protection sociale et des collectivités locales dont le financement serait amputé de 10 Milliards d’ici 2017. Loin de créer des emplois, cette politique va avoir un effet dépressif sur l’activité économique et risque fort d’en détruire ».

CGT : « l’intervention de la Commission européenne a été un élément déterminant »
« L’intervention de la Commission européenne qui a décidé, ce mercredi 5 mars, de placer la France « sous surveillance renforcée » a manifestement été un élément déterminant pour aboutir au relevé de conclusions signé hier. Dans le cadre du pacte de responsabilité, François Hollande se garde bien de définir qui va payer et comment. Au bout du compte, il ne fait aucun doute que ce sont les contribuables à travers l’impôt….C’est cette même logique que le patronat poursuit dans le cadre des négociations sur l’assurance chômage en cherchant à transférer une partie du financement de l’assurance chômage sur les chômeurs eux-mêmes et sur le budget de l’État ».

Solidaires : « aborder les questions de fond et arrêter les bricolages »
> « Personne ne peut se satisfaire de l’aggravation du chômage. On ne voit pas comment la politique économique actuelle pourrait commencer à inverser la courbe du chômage. On assiste à des grandes démonstrations de porte-parole du gouvernement, mais plus personne n’y croit. …. Il faut aborder les questions de fond et arrêter les bricolages. A Solidaires, nous sommes prêts par exemple à remettre sur la table la réduction du temps de travail. Nous l’avons dit à plusieurs reprises au gouvernement. Pourquoi ne serait-il pas possible d’engager un débat de société sur cette question dans un pays où il y a 5 millions de chômeurs ? Au moins pourrait-on avoir un vrai échange politique et citoyen. Mais c’est un blocage total. Il n’y a plus de discussion politique sur des choix de société, et les choix ne sont pas ceux d’un gouvernement de gauche, pas même social-démocrate. Avant d’être des gestionnaires, les politiques doivent être des porteurs d’idées de projet de société ! ».

L’exemple d’ORANGE
Le jour même où MEDEF et CFDT validaient le Pacte de Responsabilité, la multinationale Orange annonçait ses résultats pour 2013 : 7 milliards de cash.Aussitôt l’action flambait :plus de 10%. Il faut dire, souligne le syndicat SUD, que « pour un résultat net pour 2013 de 1 873 millions d’euros, le groupe aura versé 2 100 millions d’euros aux actionnaires ». Autre constat du syndicat : « ce sont 4500 suppressions d’emplois supplémentaires chez Orange, alors que le groupe aura touché de l’Etat 186 millions pour 2013 et 2014 au titre du crédit impôt compétitivité emploi (sans contre partie).

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?