Accueil > Débats et propositions > L’exemplarité, c’est pour quand ?

L’exemplarité, c’est pour quand ?

lundi 10 novembre 2014

Le président vraiment normal ne pilote pas un pédalo, n’est point passager masqué sur scooter aux alentours de la rue du Cirque. C’est un ancien guérilléro de 78 ans, président de l’Uruguay : José Mujica.

Il vit dans une ferme, refuse (et redistribue) 90% de ses émoluments présidentiels (10 200 euros mensuels). L’une de ses interventions à la tribune de l’ONU (24 sept. 2013) vaut d’être connue et largement diffusée :
« Nous avons sacrifié les anciens dieux immatériels pour installer le Dieu Marché dans le temple. Celui-ci a pris en main l’économie, la politique, nos habitudes, notre vie, et va jusqu’à réduire à des valeurs financières et à des parts de marché l’apparence du bonheur. Nous semblons être nés que pour consommer et consommer et quand nous ne pouvons suivre, nous le payons par la pauvreté et l’auto-exclusion. Ce qui est certain aujourd’hui, c’est qu’il nous faudrait trois planètes si toute l’humanité aspirait à vivre comme un Nord-Américain moyen. On nous impose « une civilisation contre la simplicité, contre la sobriété […] contre la liberté de disposer du temps nécessaire pour vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité. Une civilisation contre le temps libre, non rémunéré qui permet de se réjouir en contemplant la nature. »

Décapant, non ?
Je plaide pour une importation dans l’hexagone des principes de Mujica. Nos politiciens professionnels gagneraient en respectabilité en réduisant indemnités et la durée de leurs mandats cumulés. Le revenu médian est aux alentours de 2 000 euros mensuels, avec quelques frais en sus remboursés, ils vivraient nos représentants au niveau de la moitié des français. Après tout, on fait de la politique pour défendre des idées, pas pour vivre au dessus des moyens du français … moyen.
Démagogie ? Populisme ? Démago : qui plait au peuple… A en juger pas le discrédit qui dévalorise les professionnels de la profession, un peu de séduction ne saurait nuire.
Allez… on essaie, pour voir. Dégageons l’horizon, ce ne sera pas le Grand Soir, juste une façon de redonner de l’espoir à tous ceux (nombreux) qui doivent se résigner à vivre des petits matins lamentables. De l’audace, que diable !
Alain Véronèse.

. Sources, pour compléter ce trop rapide articulet (le directeur de publication nous impose des cadences infernales…) : Courrier international, n°1152, 28 nov. 2012 et La Décroissance ; n°114, nov. 2014. Egalement un film : Mujica, le pouvoir du cœur de Lucia Wainberg. Internet…

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?