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Après les attentats, renforcer la solidarité, préserver la démocratie.

mercredi 18 novembre 2015

COMMUNIQUE D’ENSEMBLE

Plusieurs jours après les attentats du 13 novembre, il est encore difficile de
prendre la mesure du choc qui a frappé la société française. Plusieurs milliers
de personnes ont eu un-e proche, un-e ami-e, un-e collègue de travail frappé-
e par les terroristes. L’ensemble de la population a su faire preuve de
solidarité. Les nombreux hommages publics qui ont eu lieu en témoignent.
La peur ne doit pas l’emporter. Il faut dans les prochains jours, amplifier les
initiatives qui démontrent notre capacité collective à la mobilisation
citoyenne, l’expression populaire, à la convivialité et à la solidarité, afin de
surmonter cette épreuve.
Des moyens suffisants doivent être mis en œuvre pour arrêter les
responsables de ces crimes atroces, protéger les populations et prévenir de
nouveaux attentats. Le « pacte de stabilité » qui arrime la France à l’austérité
généralisée dans l’Union Européenne ne doit plus être suivi dans cette
situation exceptionnelle pour donner place à un « Pacte de solidarité »,dégageant les moyens pour renforcer la cohésion sociale, la justice et l’égalité(services publics, collectivités territoriales, prévention, éducation et santé en priorité), et qui ne peut se réduire au seul renforcement des effectifs de personnels de sécurité.
Cela peut et doit se faire dans le cadre de l’État de droit et sans remettre en
cause les libertés publiques et la démocratie. Mais la fuite en avant dans l’état
d’urgence que François Hollande propose dans son discours au Congrès en le
prolongeant pour trois mois est inquiétante. En reprenant les propositions de
la droite et de l’extrême droite visant à faciliter les expulsions et la déchéance
des binationaux/nales, il stigmatise une partie des citoyen-ne-s françai-se-s,
sans répondre au défi auquel nous sommes confronté-e-s.
De même la proposition d’engager dans la précipitation une révision de la
Constitution visant à créer un véritable « État d’urgence permanent »
constitue une rupture politique dangereuse. Ce n’est pas d’une refondation
sécuritaire et autoritaire de la République en cherchant à s’entendre avec la
droite dont nous avons besoin, mais au contraire de la refondation d’une
République sociale et démocratique, de la construction d’une démocratie plus
forte, qui permette réellement à chacun-e de s’impliquer dans les affaires
collectives. Nous avons besoin de plus d’égalité, de justice sociale, de
libertés. Il faut préserver le droit de se réunir et de manifester notamment
pendant la réunion de la COP 21 et dans le cadre de la solidarité avec les
migrant-e-s.
Nous devons renforcer l’aspiration à une société ouverte que l’organisation
État Islamique veut détruire. Nous refusons tous les amalgames entre Islam
et terrorisme. Nous combattons toutes les provocations et les agressions
violentes des groupes d’extrême droite. Contrairement à ce que propose
Marine Le Pen, qui en fait des boucs-émissaires, il faut poursuivre l’accueil
des réfugié-e-s notamment syrien-ne-s, irakien-ne-s, libyen-ne-s... qui ont été
victimes, elles et eux aussi, des violences de milices et de groupes armés terroristes tels que l’organisation de État Islamique – et pour les syrien-ne-s, celles du régime de Bachar El Assad.
Alors que l’organisation État Islamique a multiplié ces dernières semaines les attentats en Égypte, au Liban, en Libye, en Turquie, c’est à l’échelle internationale qu’une issue pourra se dessiner. L’organisation de État Islamique est le produit des guerres qui ravagent le Moyen-Orient depuis plusieurs décennies maintenant, et, en particulier, des conséquences de l’intervention américaine en Irak et de la guerre meurtrière menée contre son propre peuple par Bachar El Assad.
De ce point de vue, la nécessité de la lutte contre l’EI ne peut justifier une alliance avec le dictateur syrien comme le réclament de nombreux responsables politiques français. Bachar El Assad depuis trois ans mène une guerre sans pitié contre son peuple qui a fait plus de 200 000 morts. Bien au contraire c’est la solidarité avec le peuple syrien, qui se bat en même temps contre l’ÉI et contre Bachar El Assad, qu’il faut renforcer. Comme il faut soutenir le combat mené par les kurdes, à l’encontre de la politique d’Erdogan. Il y a urgence à construire des initiatives internationales, qui permettent de mettre en échec le projet totalitaire de l’organisation État
Islamique, qui imposent un embargo sur le pétrole et les armes qu’il utilise,
et qui fassent prévaloir les droits des peuples syriens et irakiens à un régime
politique démocratique sous contrôle populaire, et aux droits nationaux du
peuple kurde.
C’est la responsabilité des forces de gauche et des forces du mouvement social de contribuer à faire entendre la solidarité entre les peuples contre toutes les barbaries.
Il est nécessaire aujourd’hui d’ouvrir un large débat sur la politique étrangère
de la France qui concerne tous les citoyens. La fuite en avant dans une logique de guerre accentuée ne peut permettre de faire émerger des solutions
durables. Pas plus que le maintien d’une « bonne entente » avec les dynasties et dictatures du Moyen-Orient.
Aux agressions meurtrières contre la liberté, il faut opposer très vite une mobilisation
,à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne, pour faire valoir les exigences de la démocratie, de l’égalité des droits et de la justice sociale, à la place de l’austérité, une fraternité universelle, un accueil européen des réfugiés, une humanité solidaire.
Nous souhaitons que, dans la rue, dans les jours qui viennent, cela soit exprimé par la plus large convergence possible

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