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DES INTERMITTENTS AU MEDEF : compte rendu

mercredi 8 juin 2016

REPORTAGE – Ce mardi 7 juin en début d’après-midi, une centaine de manifestants ont profité de l’entrée d’une employée pour pénétrer dans le siège du MEDEF, avenue Bosquet, dans le VIIème arrondissement de Paris. L’action, à l’initiative de la Coordination des Intermittents et Précaires (CIP), se voulait non violente et visait à empêcher une réunion au premier étage du bâtiment en présence du président du MEDEF, Pierre Gattaz.

Une partie des manifestants monte à l’étage pour déployer sur la façade une grande banderole où on peut lire : « Le ‘déficit’ de l’UNEDIC cache les profits du patronat ». Ils demandent l’intégration de l’accord de branche trouvé il y a un mois à la convention UNEDIC, ce que le MEDEF et la CFDT refusent, ainsi que le retrait de la loi El Khomri, projet de réforme du Code du travail.

Juste en bas, près de l’entrée, un chargé de la sécurité, est pris de panique : « Je vous méprise, toi, t’es une salope et vous êtes qu’une bande de cons », lâche-t-il aux manifestants en fixant du regard une femme. Une jeune femme sort son portable pour filmer la scène. L’agent tente alors de lui arracher des mains. Loïc, un manifestant, l’en empêche en attrapant la main qui tient le téléphone. Dans l’altercation, une branche des lunettes de l’agent est cassée et son nez est légèrement écorché par l’ongle d’un autre manifestant.

La scène qui suit, glaçante, est racontée par des témoins. L’agent suit ensuite Loïc au premier étage. Ce dernier lui répète plusieurs fois qu’ils ne sont pas violents, tout en levant les mains en l’air pour montrer sa bonne volonté. Nul ne sait quelle pensée traverse la tête de l’agent de sécurité à cet instant. Il lui inflige un violent coup de pied dans les parties, le tout devant quelques témoins. Peut-être l’agent croyait-il que personne ne l’apprendrait ? Ou que le délit de pénétrer dans un lieu privé lui donnait le droit de réprimer sans raison, voire de se venger de manière barbare ?

L’agent l’a laissé se tordre de douleur, à terre, pour s’enfermer dans son bureau et appeler la police. Par la fenêtre, il adresse encore quelques doigts d’honneur aux manifestants attroupés autour de Loïc.

Plus tard, la trentaine de policiers nationaux arrive sur les lieux, enfilent leurs gants et embarquent 94 manifestants au commissariat rue de l’Évangile, dans le nord de Paris, où leur identité a été contrôlée avec prise de photo et ardoise. Loïc, lui, a été menotté puis placé en garde à vue. Il était, en fin d’après-midi, toujours à l’Hôtel-Dieu.

G.H.

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