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Glyphosate en Europe : il faut bloquer !

jeudi 9 juin 2016

Glyphosate en Europe : huit pays, dont la France, bloquent sa réautorisation
PAR SOPHIE CHAPELLE BASTAMAG / 7 JUIN 2016

Nouvel échec pour la Commission européenne. Elle n’est pas parvenue à faire accepter par les États-membres, ce 6 juin, une réautorisation provisoire du glyphosate en Europe. Produit phare de la multinationale Monsanto, le glyphosate entre dans la composition de près de 750 produits dont l’herbicide ROUNDUP, et apparait comme la « clef de voûte » du modèle agricole dominant [1]. Or, le glyphosate voit son autorisation expirer le 30 juin prochain... En cas d’absence de décision, le glyphosate pourrait donc se retrouver interdit sur le marché intérieur à partir du 1er juillet.

L’échec de ce vote intervient après deux précédentes réunions sans décision, le 8 mars et le 19 mai, au cours desquelles la Commission avait proposé de reconduire l’autorisation du glyphosate pour quinze ans, puis neuf ans. Après avoir échoué à trouver une majorité qualifiée, Bruxelles s’était rabattue sur une autorisation de 18 mois, le temps pour l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), chargée de la réglementation européenne sur les substances de synthèse, de rendre une nouvelle expertise. Mais c’est un nouveau camouflet pour la Commission européenne ce 6 juin, aucune majorité qualifiée n’ayant été obtenue.

L’abstention de la France critiquée

Sept États-membres se sont abstenus : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, le Luxembourg, l’Autriche, le Portugal. Malte est le seul pays à s’y être clairement opposé, tandis que vingt autres autres pays – représentant 52 % de la population de l’Union, moins que le seuil requis [2] – ont voté favorablement. L’abstention de la France sur ce dossier, alors même que la ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait prévenu le 1er juin que Paris « ne votera(it) pas la proposition de Bruxelles », n’est pas passée inaperçue.

« Comment les ministres français comme Ségolène Royal et Marisol Touraine osent-elles affirmer dans les médias que la France s’opposera à la réautorisation du glyphosate alors qu’il semble selon nos dernières informations que les experts du comité envoyés par la France se soient abstenus ? », interpelle l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi. « Au sein du gouvernement français, la question divise les ministères de l’agriculture et de l’environnement », relève le journalLe Monde. « Ségolène Royal, la ministre française de l’environnement, de l’énergie et de la mer, s’est ainsi fermement engagée à ne pas voter favorablement à toute reconduction du glyphosate. Sans voter contre. »

Une position qui fait écho à son annonce en grandes pompes en juin 2015 d’une interdiction du RoundUp qui n’en était pas vraiment une. Plus récemment, le 12 février 2016, Ségolène Royal a demandé à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de retirer les autorisations de mise sur le marché des herbicides contenant du glyphosate mélangé à des adjuvants à base d’« amines grasses de suif ». Mais en ne sélectionnant que certains adjuvants, la ministre de l’Écologie ne règle qu’une partie du problème. Il existe en effet de nombreux autres adjuvants. Et Monsanto, par exemple, n’utilise plus d’« amines grasses de suif » (voir notre précédent article).

Vous trouverez l’article complet + une petite vidéo pédagogique ici : http://www.bastamag.net/Pas-de-majorite-qualifiee-pour-reautoriser-le-glyphosate-nouveau-camouflet-pour

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