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Clémentine Autain : LE GOUVERNEMENT VALIDE LE CETA !

jeudi 14 septembre 2017

Je reviens du Quai d’Orsay où j’ai participé, au nom du groupe La France Insoumise, à une réunion sur le CETA, nouveau traité de libre-échange dont nous dénonçons les méfaits. En jeu : la présentation du rapport d’experts sur les conséquences du CETA. La teneur du document a le mérite d’être plus indépendante que prévue : les conclusions mettent notamment en garde contre le manque de prise en considération des défis environnementaux dans le CETA. Différentes ONG et représentants de syndicats de salariés, invités autour de la table, sont intervenus pour exprimer leurs vives inquiétudes sur les dangers encourus avec ce traité pour le climat et la santé, mais aussi pour les protections sociales ou l’agriculture française. En effet, le CETA organise la course au moins disant social, ignore le principe de précaution, est muet sur la santé animale, ne propose rien pour limiter le commerce des énergies fossiles et la hausse des émissions de CO2 dans le transport maritime et aérien, instaure des tribunaux d’arbitrage qui vont permettre à des multinationales de contester des politiques publiques et réglementaires nuisant à leurs bénéfices… L’emploi et les services publics se trouvent également menacés. La liste est longue, notez que le document fait 2.300 pages. Le secret a entouré les négociations qui ont démarré en 2008, car le peuple doit être mis à distance : s’il savait, comme pour le Traité Constitutionnel Européen en 2005, il pourrait se méfier, contester, en vouloir à ceux qui leur impose une nouvelle potion de libéralisme économique et de productivisme. Notons que seuls les représentants des dirigeants patronaux ont applaudi des deux mains. Au cours de la réunion, le Medef a même assuré qu’il allait s’engager dans « la promotion du CETA ». Tout un programme…

Bref. Lors de cet échange, une attente s’est exprimée avec force : que la France suspende les négociations et refuse d’appliquer de façon provisoire le CETA à partir du 21 septembre, comme cela est prévu. Autant dire que la consultation de ce jour au Quai d’Orsay a viré à la mascarade. Le gouvernement, par la voix de deux secrétaires d’État assénant parfois péniblement leurs éléments de langage, n’a apporté aucune réponse digne de ce nom aux multiples interrogations. Jean-Baptiste LEMOYNE et Brune POIRSON se sont cachés derrière le paravent de l’Union européenne et des négociations passées pour mieux faire avaler la pilule amère de leur renoncement à combattre ce nouveau traité de libre-échange. Le CETA serait bien mis en œuvre dès le 21 septembre. Fermer le banc. Qu’importe les critiques et les alertes. Qu’importe la souveraineté bafouée. Qu’importe le vote du Parlement qui s’est déjà prononcé contre le CETA et devrait, fort du document final, donner son avis. Le gouvernement passe en force en espérant que les Français ne s’en rende même pas compte. Et pour habiller son effet, il avance un programme d’actions, à base de groupes de travail et diplomatie patiente de sommet. Autant dire du vent.

Nous ne pouvons accepter un tel coup de force, ce recul social et environnemental, ce chèque en blanc aux multinationales. Je suis sortie de cette réunion plus déterminée encore à combattre le CETA.

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