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ELEMENTS D’ANALYSE DU MOUVEMENT SOCIAL

jeudi 5 avril 2018

Nous sommes dans un moment décisif du quinquennat, pour quelques semaines ou mois.
1-Le système Macron :
son système de pouvoir articule (notamment) les éléments suivants :
- Destruction de tous les statuts sociaux (cheminots, fonction publique, code du
travail, sécurité sociale) ainsi que la visée de l’égalité réelle, au profit de l’égalité
des conditions dans la concurrence.
- Avalanche de mesures et de contre-réformes afin de noyer, « d’ensevelir »
(expression d’une manifestante le 22 mars) le mouvement ouvrier et la
population.
- Tentatives entre deux annonces anti-sociales d’ouvrir des simili-réformes
présentées comme des « progrès » : « passe 500 euros » pour l’accès à la
culture des jeunes, permis de conduite pour les apprentis, ouverture des musées, développement du numérique, etc.
- Recherche d’un vocabulaire touchant l’imaginaire en détournant des valeurs de
l’histoire populaire et du mouvement ouvrier : universel, émancipation, liberté...
- Un pouvoir vertical très autoritaire (cf:les institutions), mais sans trop céder à la
surenchère sécuritaire (pour le moment).
- Destitution du champ démocratique particulier issu des mouvements sociaux, du
syndicalisme ; le syndicalisme doit être soumis à l’exécutif. Pas de négociation. -Enorme ambition européenne et même mondiale.
Popularité :
- Le pouvoir Macron est perçu comme « injuste » : effet CSG, ISF, ASL, etc.
- Mais il est aussi perçu comme « actif », porteur de « changement »
. L’opinion est encore indécise sur : la grève des cheminots,
la fonction publique, la réforme Parcoursup...
- La bataille de l’opinion est donc fondamentale. Mais elle implique un
renouvellement des bases argumentaires.

2- L’enjeu des cheminots, des autres services publics et de la fonction publique :
- L’objectif de Macron est d’infliger une défaite aux cheminots, encore porteurs de
la symbolique des mouvements sociaux à visée émancipatrice depuis 1995.
- En conséquence, le rapport des forces sur leur lutte sera trèsvite décisif
pour les suites et les autres services publics
. Mais ce rapport des forces nécessite de soutenir la lutte des cheminots avec une dimension globale, générale, interprofessionnelle, avec une visée de droits émancipateurs pour toutes et tous :
statuts du travail pour tous et toutes, liberté dans le travail, sécurité dans le
travail, qualité des services publics contre le marché prédateur et contre la
dégradation écologique.
- Une trop forte focalisation sur les seuls cheminots peut être contre-productive

. 3-Autres mobilisations

a)Processus des Etats-généraux migrations
b)Parcoursup et jeunes
c) Assurance-chômage : passer à la vitesse supérieure pour réduire l’isolement
et l’invisibilité des chômeurs dans le contexte, s’opposer au projet de loi en
cours et mettre dans le débat public des contre
d) Vigilance antiraciste et antifasciste.
e) Vigilance NDDL et Bure.

4- Pour gagner, il y a les grèves, et la bataille de l’opinion publique, indissociablement.
Le mouvement social doit conquérir les imaginaires en mettant en avant un horizon
commun désirable, un chemin d’émancipation.

a) Un corps d’exigences qui unifie le monde du travail :
- Des droits universels, oui : en universalisant les acquis ou les « conquis »
par le haut. Sécurité sociale universelle.
- Il y a des solutions alternatives
pour les services publics, y compris à l’échelle de l’Europe. Les salarié-es et leurs organisations les connaissent.
Valoriserles contre-propositions des syndicats, des associations,
des chercheurs, des forces politiques.
b)Mettre le débat sur la place publique.
- Exiger un débat contradictoire dans les médias.
- Partout, des assemblées citoyennes, des collectifs d’usagers, des caisses de
grève, des débats publicsou meetings.
c)L’unité d’action indispensable
Par exemple, il est possible de proposer l’organisation d’une journée nationale de
mobilisation, plutôt un week-end, en défense de tous les services publics et de la
lutte des cheminots : initiatives dans les gares ou d’autres lieux symboliques,
montrant que les syndicats ont des propositions alternatives, mais aussi les
associations, les forces politiques, etc.
Une telle journée pourrait être un relai de mobilisation des collectifs d’usagers et citoyens, des personnes qui ne sont pas en grève ou ne peuvent pas faire grève, etc.
d) Pour aider et amplifier, l’unité d’action politique e :
Elle a besoin de s’enraciner dans le pays, dans les villes et régions, de dépasser
l’alignement des sigles, de déboucher sur une implication et un élan populaire.

JCM

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