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LA JEUNESSE SE MET EN MOUVEMENT POUR LE CLIMAT

samedi 16 février 2019

beaucoup d’informations, en vrac, venues notamment d’ATTAC

Contexte : multiple mais en gros, 2 niveaux :

1) Au niveau mondial : Trump, Bolsonaro, rapport du GIEC : confirment les projections antérieures ; limite de 1.5 °C qui figurait dans le rapport de Paris risque d’être atteinte rapidement ; constat que les engagements de la COP21 ne sont déjà pas tenus… Au niveau français, malgré l’affichage de Macron, pas de politique climatique digne de ce nom, et des reculs (dernièrement : remplacer la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par un objectif de « neutralité carbone » imprécis et non défini – objectif fixé en 2005)… Grande inquiétudes renforcées par la multiplication des phénomènes climatiques inquiétants. Démission de Nicolas Hulot a été un élément supplémentaire d’alarme, signalant, de l’intérieur, l’absence de volonté de mener des politiques environnementales.

2) Mobilisations

Face cette inquiétude et au constat de l’immobilisme des Etats, le phénomène nouveau et imprévu est le développement d’un mouvement pour le climat. Pas totalement inédit (depuis les années 2000), mais jusque-là souvent limité aux contre-COP.

S’appuie sur des mouvements des dernières années : NNDL et autres GPII.

Mais en France, ce sont les marches climat dans de très nombreuses villes, à 3 reprises en 4 mois

+ question des gilets jaunes (diversité des réponses) -> justice climatique / justice sociale.

L’autre élément nouveau de ces mobilisations : entrée en scène de la jeunesse :

- point de départ symbolique : appel d’une jeune suédois de 15 ans, Greta Thunberg, qui a commencé à appeler à la grève les lycéens de son pays, tous les vendredis -> #ClimateStrike et #FridaysforFuture.

Rapidement rejointe dans d’autres pays (USA, Australie), c’est surtiout à partir de 2019 que cet appel connait un succès, avec de dynamiques assez spectaculaires en Belgique, Allemagne, Pays bas, avec plusieurs 10aines de milliers de jeunes manifestant.es (voire collégiens...). L’appel à la grève scolaire pour le climat repris dans 33 pays...

Le cas est belge est particulièrement marquant : après une manif de 100 000 personnes le 8 décembre, un appel à la grève des lycéens est lancé pour la rentrée : de 3000 à plusieurs milliers, dynamisation des manifs de toutes générations (70 000 le 27/01) –> groupe + ou – informel : Youth for climate.
- En France, après les marches entre septembre et janvier, il s’agit de passer une nouvelle étape avec la jeunesse (lycéens et étudiants) ; quelques infos :

- Lancement de Youth for climate France, soutenue diverses associations et syndicats

- une ag à Jussieu avec 300 étudiant-e-s vendredi soir dernier, ag qui ne s’appuyait pas sur les réseaux d’orgas du jeudi pourtant... Il en ressort un appel ; à Paris : des actions et tentatives de grèves tous les vendredis ; des Ag tous les vendredis, et des tentatives de grèves lycéennes et étudiantes tous les vendredis pour faire monter la pression jusqu’au 15 mars.

- un appel d’enseignant.es à soutenir la grève scolaire pour le climat -> site ‘enseignants pour la planète’. https://enseignantspourlaplanete.com/

Venue de Greta Thunberg en France le 22 février -> forte visibilité médiatique à un mois de la grève mondiale

La date du 15 mars est un appel mondial à la grève pour le climat -> // entre ce que pourrait devenir la cause climatique et ce que été la guerre du Viet Nam dans les années 60 (même si pas mêmes enjeux idéologiques, pas de réponses aussi simples, etc.)

Le 15 mars est couplé à la journée mondiale (pas spécifiquement pour la jeunesse) pour le climat le 16. En France : coordination des orgas et des réseaux ayant suivi les marches de l’automne.

Pour les enseignants et lycéens :

- Demande de rencontre entre collectif des enseignants pour la planète aux syndicats pour couvrir le 15 mars ;

- Voir conseils sur le site Enseignants pour la planète

- Initiatives avant le 15 mars ? Expos, débats ? Demande de conférence dans le lycée ?

- Envisager des suites (car il y en aura)


Grève lycéenne et étudiante pour le climat : une mobilisation réussie, un État qui réprime

Communiqué 16 février 2019

Après une Assemblée Générale tenue le 8 février à l’Université de Jussieu, à Paris, le premier appel à la mobilisation de la jeunesse pour le climat avive l’espoir. Préparé en quelques jours, le rassemblement devant le Ministère de la Transition Écologique a réuni le 15 février plusieurs centaines de lycéen·ne·s et d’étudiant·e·s, dans la lignée d’autres manifestations en France et à l’international.

Dans la perspective du grand appel à la grève pour le climat du 15 mars prochain, ce premier succès est de bon augure. « Il n’y a pas de planète B », « nous sommes la nature qui se défend », « sauvez un arbre, mangez un lobbyiste », « le capitalisme ne sera jamais vert », « révolution écologiste radicale et sans frontière », « vendredi vert, samedi jaune »… les pancartes donnaient le ton d’un rassemblement joyeux et déterminé, n’accordant aucune confiance aux discours lénifiants de la Secrétaire d’État à la Transition Écologique, Brune Poirson, qui est venue déclarer devant la foule pacifiste mais pas dupe : « Derrière ces portes, contrairement peut-être à ce que certains peuvent penser, vous n’avez pas d’adversaires, mais des alliés ».

Or, quelques dizaines de minutes plus tard, alors que le calme était toujours installé, une nasse policière s’est refermée sur les manifestant·e·s, pendant plus de trois heures. Insultes envers les lycéen·ne·s, destruction du matériel militant, fouilles, contrôles d’identité systématiques, jusqu’aux propos scandaleux de quelques gradés assurant qu’ils avaient « tous les droits » et proférant diverses menaces à des jeunes manifestant·e·s qui ne demandaient qu’à rentrer chez eux ! Bel exemple d’une politique de maintien de l’ordre qui ne fait qu’attiser la colère.

Derrière un discours de façade, le gouvernement envoie un message clair à une jeunesse qui s’inquiète pour son avenir : on ne veut pas de vous dans la rue, rentrez chez vous et ne revenez plus. C’est toutefois sans compter sur la détermination des lycéen·ne·s et étudiant·e·s qui se sont donnés rendez-vous dès la semaine prochaine.

Attac dénonce cette répression préventive, salue le calme et la détermination des manifestant·e·s et appelle à amplifier les luttes collectives pour la justice sociale et climatique.

Manifeste de la jeunesse pour le climat

À la suite du mouvement enclenché en Suède, en Belgique, en Australie et en Suisse, des étudiants français annoncent que la première grève pour le climat aura lieu vendredi et se répétera toutes les semaines. Affichant la solidarité avec les Gilets jaunes, ils donnent des devoirs à faire au gouvernement.

Ce texte émane des réflexions du groupe de travail dédié à la rédaction de l’ultimatum, créé à la suite de l’assemblée générale (AG) inter-fac rassemblée vendredi 8 février 2019 et comportant des étudiant.e.s et lycéen.ne.s de divers établissements de la région parisienne. Cette AG a été organisée par plusieurs associations étudiantes parisiennes écolos en vue de lancer le mouvement de grève pour l’environnement de la jeunesse reconduite chaque vendredi à partir du 15 février.

Nous, la jeunesse, sommes né.e.s dans un modèle de société mondialisé responsable de la catastrophe environnementale et sociale actuelle, et c’est notre futur qui se dérobe sous nos yeux.

Heureusement, quelque chose se passe aujourd’hui. Une colère verte gronde sur fond de désordres écologiques toujours plus visibles. La démission de Nicolas Hulot, les impressionnants chiffres de participation aux marches pour le climat, l’État français porté en justice pour « inaction climatique » par plus de deux millions de ses citoyen.ne.s, tandis que les gens affirment qu’« On est prêt » et qu’« Il est encore temps » : les événements récents confirment que le mouvement écologiste prend de l’ampleur.

La jeunesse se mobilise elle aussi : ces dernières semaines, les grèves scolaires pour le climat en Suède, en Australie, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et en Belgique en témoignent. De plus, en France, le mouvement des Gilets jaunes revendique un système social plus juste, et a permis d’engager un nouveau rapport de force. Tous ces mouvements montrent l’urgence d’une transformation globale où questions sociale et écologique fusionnent pour devenir le projet du XXIe siècle : celui d’un mode de vie et d’un modèle de société viables à terme, incompatibles à tous les niveaux avec le capitalisme, qui ne sera jamais "vert".

La jeune suédoise Greta Thunberg appelle à la Grève mondiale de la jeunesse pour le climat le 15 mars prochain. Nous, la jeunesse, consciente de l’urgence climatique, allons commencer sans attendre la mobilisation à Paris suivant le principe du mouvement mondial Fridays for future (Les vendredis pour l’avenir), en reconduisant la grève tous les vendredis à partir du 15 février.

Nous entrerons en résistance, car face à l’inaction politique la seule solution est la désobéissance civile

A ceux qui s’appliquent à détruire ce monde et prétendent faire preuve de « pédagogie », nous entendons donner une leçon : chaque vendredi, nous présenterons une revendication impérative afin d’éviter le désastre écologique. Vous, dirigeants et dirigeantes aurez des devoirs à faire, et nous donnerons une semaine à l’État pour mettre en place notre proposition. Si ces devoirs ne sont pas rendus avant le vendredi suivant, vous serez sanctionnés : nous entrerons en résistance, car face à l’inaction politique la seule solution est la désobéissance civile. Soyez prêt.e.s pour l’examen du 15 mars. En parallèle, nous présenterons des alternatives citoyennes allant dans le sens de ces propositions et les mettrons en pratique.

Chaque vendredi, nous nous réunirons donc en assemblées locales le matin, avant de nous rejoindre pour une action commune l’après-midi. Soyons le plus nombreu.se.x possible afin de montrer aux dirigeant.e.s que nous n’acceptons plus ce système destructeur de l’environnement. Portons collectivement ce combat jusqu’à ce que cesse l’inaction politique face au dérèglement climatique.

Chaque samedi, nous vous invitons à rejoindre les Gilets jaunes dans leurs manifestations contre ce système qui ravage l’environnement. Vendredi vert, samedi jaune...

Nous sommes tou.te.s concerné.e.s par cette mobilisation : nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend !

Leçon no 1

Pour ce vendredi 15 février, nous proposons au gouvernement de réviser les bases avec une première leçon.

Le dérèglement climatique ainsi que les bouleversements sociaux et environnementaux auxquels nous nous confrontons nécessitent une considération systémique et ne peuvent se réduire au périmètre du ministère de la Transition écologique et solidaire. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à déclarer l’état d’urgence écologique et sociale afin de débloquer un plan interministériel à la hauteur des risques encourus.

Cet état d’urgence devra faire un constat clair de la situation dans laquelle nous nous trouvons en reconnaissant l’ampleur des dérèglements enclenchées par nos activités tout en mentionnant le manque de moyens déployés jusqu’à maintenant. Il devra notamment consister en une communication intense sur le sujet via la diffusion de spots d’information publics et l’instauration de programmes scolaires à la hauteur des enjeux, ainsi qu’en l’inscription dans l’article 1 de la Constitution du fait que "La France est une République indivisible, laïque, démocratique, sociale, solidaire et écologique."

Suite à cet état des lieux, une réaction immédiate devra être entreprise.

Nous appelons le gouvernement à débloquer des moyens exceptionnels et contraignants pour s’engager dans la voie d’une réduction annuelle de 4 % d’émissions de gaz à effet de serre afin s’aligner sur l’Accord de Paris et de lutter contre le dérèglement climatique et ses conséquences sur notre monde.

Si le gouvernement persiste dans son manque de volonté et maintient ses notes aussi proches de 0, un conseil de discipline sera organisé pour envisager une réorientation.

Face à la catastrophe, cet enseignement est celui de notre futur, l’échec n’est donc pas une option. Nous saurons vous le rappeler incessamment.

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