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MANIFESTATIONS ET REPRESSION contribution au débat après la manifestation pour les libertés le samedi 12 décembre

mardi 15 décembre 2020

10 000 manifestant-e-s le 12 décembre
En dépit d’une météo capricieuse, en dépit aussi du "non appel" officiel de la Coordination et des syndicats, et des (fausses) infos d’interdiction de la manif (dont le parcours avait été déposé par le Collectif du 10 novembre). Même des CRS s’étonnaient de devoir filtrer l’arrivée des personnes pour une manif "interdite" (discussions entre policiers à l’entrée de Place du châtelet !)
Beaucoup de jeunes (ici aussi, en dépit du fait que beaucoup de lycéen-ne-s ait renoncé à venir par peur des violences, policières en particulier).

En tête un grand camion sono / une ligne de SO / une banderole du Collectif 10 novembre ("contre les lois liberticides et contre l’islamophobie"), cortège GJ "sans étiquette", cortège de jeunes féministes, cortège NPA, cortège Front Social (à ma connaissance aucune autre organisation !)
En dépit d’un nombre limité de militant-e-s, le cortège "10 novembre" a plutôt bien réussi à structurer l’avant de la manif (slogans, interventions, musique, SO et espace entre le camion et la banderole).

Dispositif policer délirant.
Pour parvenir place du châtelet, plusieurs barrages filtrants, fouille des sacs et palpations (des témoignages de jeunes hommes de palpations jusque dans les sous-vêtements) et même assez souvent le contrôle du contenu des pancartes (phénomène déjà vu le 5 décembre).
Après le départ vers 15h, sorte de nasse mobile : des milliers de CRS, gendarmes mobiles ou voltigeurs de la BRAV (ce jour là présents à pied sur les bords de la manif) casqués/suréquipés, devant, sur les côtés (au contact rapproché) et derrière. Ce sont les forces de l’ordre qui rythmaient l’avancée (ou le blocage) de la manif.
A ma connaissance aucun incident venant des manifestant-e-s. Interventions violentes des forces de l’ordre au sein du cortège et largement à l’aveugle. 150 arrestations. Manif coupée en deux à plusieurs reprises.
Arrivée à République encerclée par des milliers de CRS/gendarmes mobilises/voltigeurs, barrières anti-émeute, canons à eau.

Un commentaire :
Même s’il est évident qu’il faut désormais préparer une grande (re)mobilisation à la mi janvier pour la reprise du débat parlementaire (et pour cela il faut absolument construire une campagne d’explication à une échelle de masse sur la loi "sécurité globale", et avec les forces disponibles une campagne contre la loi "séparatisme"), l’absence totale des organisations ne va pas du tout.
Je sais qu’il y a eu des divisions au sein de la coordination contre la loi sécurité globale (mais je n’ai pas les détails)/ Mais cela dénote une fois de plus un décalage avec le réel (10 000 personnes présentes en dépit de la peur et de l’absence d’organisations) et l’absence de souplesse tactique (par exemple : ne pas appeler, mais assurer un minimum de présence visible, pour observer, témoigner et même essayer de protéger).

Le 5 décembre, l’incapacité à anticiper les difficultés et des organisations qui plient bagage pendant que des milliers de personnes manifestant jusqu’à République.
Le 12 décembre, une démission totale , qui a laissé des milliers de gens à la merci d’une répression féroce (dans la manif comme sur les réseaux sociaux, incompréhension et critiques parfois vives. Cela peut laisser des traces et faire le jeu de courants les plus ultra).

J’insiste parce que les mêmes difficultés vont se produire en janvier et probablement pour d’autres grandes mobilisations sociales, écologistes ou démocratiques dans les mois qui viennent, après des mois et des mois de confinement des luttes : des gens qui veulent en découdre avec les forces de l’ordre, un pouvoir qui veut réprimer/désorganiser/terroriser et discréditer les mobilisations.
Si on veut pouvoir continuer à manifester dans ce pays, impossible de ne pas s’affronter à cette question. Il va falloir (ré)imposer le droit de manifester. Une question de rapport de forces politique mais aussi de rapport de forces dans la rue.

Guillaume

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